A une dame créole


Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
E
t de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Un
e dame créole aux charmes ignorés.

So
n teint estle et chaud ; la brune enchanteresse
A
dans le cou des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

S
i vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Su
r les bords de la Seine ou de la verte Loire,
B
elle digne d'orner les antiques manoirs,

Vo
us feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
G
ermer mille sonnets dans le coeur des ptes,
Q
ue vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.


Beaudelaire,Les Fleurs du Mal

# Posté le mardi 28 août 2007 16:39

Elévation



Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des mo
ntagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par
delà le soleil, par delà les éthers,
Par d
elà les confins des sphères étoilées,

Mon e
sprit, tu te meus avec agilité,
Et,
comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sil
lonnes gaiement l'immensité profonde
Avec un
e indicible et mâle volupté.

Envole
-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va
te purifier dans l'air supérieur,
Et
bois, comme une pure et divine liqueur,
Le
feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derri
ère les ennuis et les vastes chagrins
Qui ch
argent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élan
cer vers les champs lumineux et sereins ;

C
elui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers le
s cieux le matin prennent un libre essor,
-
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le l
angage des fleurs et des choses muettes !


Beaudelaire, Les Fleurs du Mal

# Posté le mardi 28 août 2007 17:15

Deux nobles coeurs...



Lorsque deux nobles coeurs se sont vraiment aimés
Leur amour est plus fort que la mort elle-même
Cueillons les souvenirs que nous avons semés
Et l'absence après tout n'est rien lorsque l'on s'aime


Apollinaire, Poèmes à Lou
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# Posté le mardi 28 août 2007 20:20

Dédicace à Péridont...! Alala... Apollinaire, un vrai ptit vicieux...!!

Dédicace à Péridont...! Alala... Apollinaire, un vrai ptit vicieux...!!
Guillaume Apollinaire


O naturel désir pour l'homme être roi
On est revêtu de la carte de son royaume
Les fleuves sont des épingles d'acier semblables à tes veines où roule l'onde trompeuse de tes yeux
Le cratère d'un volcan qui sommeille mais n'est pas éteint
C'est ton sexe brun et plissé comme une rose sèche
Et les pieds dans la mer je fornique un golfe heureux
C'est ainsi que j'aime la liberté
Et je veux qu'elle seule soit la loi des autres
Mais je suis l'ennemi des autres libertés


Apollinaire, Poèmes à Lou

# Posté le mardi 28 août 2007 20:40

XIX... on ne sait vraiment pas sur quel pied danser avec lui!



V4is 4ch3t3r un3 cr4v4ch3
3n p34u d3 p0rc j4un3 3n c0ul3ur
Si j3 n'3n tr0uv3 qu3 m4c4ch3
Pr3ndr4i m0n f0u3t d3 c0nduct3ur


.:*-ApOlLiNaIrE-*:.

# Posté le mardi 28 août 2007 20:51